Category: Livres,Romans et littérature,Littérature française
Mémoires d'outre-tombe, tome 1 : Livres I à XII Details
Quand vers 1830 Chateaubriand revient aux Mémoires de ma vie entrepris depuis plus de vingt ans, il les juge trop intimes et réoriente son projet. A travers le récit de sa propre existence, les Mémoires d’outre-tombe seront également l’épopée de ce temps qu’il a vécu et comme témoin et comme acteur. Au-delà de ce qu’il fut lui-même, son destin deviendra ainsi exemplaire de celui d’une génération qui connut à la fois l’effondrement de l’ancien monde et le commencement du nouveau, issu de la Révolution.La première partie de ces Mémoires traversés par l’Histoire, où la mélancolie dit la difficulté à croire en la réalité du monde, où la vanité des choses toujours transparaît, est la plus personnelle. Car l’écrivain n’y retrace pas seulement ce qu’il appelait sa première carrière de soldat et de voyageur, mais le commencement d’une vie qui se découvre à nous comme un récit de formation : celui du jeune chevalier breton bientôt parti pour l’Amérique et de l’aristocrate qui combat dans l’armée des Princes, émigre en Angleterre, avant de revenir en France pour y devenir Chateaubriand.Edition de Jean-Claude Berchet, comprenant également les Mémoires de ma vie, les pièces retranchées des Mémoires d’outre-tombe, ainsi que la préface de 1826 et la préface testamentaire.

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Les Mémoires d'outre-tombe sont avec les Mémoires de Saint-Simon le chef-d'oeuvre du genre. Cette vaste fresque qui couvre une période allant des dernières années du règne de Louis XV jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe, en plus d'être une "autobiographie" est une véritable méditation sur le temps qui passe, une réflexion sur la vanité des choses notamment en matière politique : les institutions, les constitutions d'un pays sont destinées à un moment ou un autre à être emportées, elles ne sauraient être immuables. Chateaubriand a lui-même assisté à la destruction de l'Ancien Régime qui malgré son ancienneté n'était pas l'abris, tout finis par passer... Ce pessimisme est quasi janséniste : lui qui admirait tant Blaise Pascal ("L'effrayant génie"). Il faut lire aussi toute la partie consacrée à Napoléon qui est certainement ce que l'on a écrit de mieux. Enfin, la dernière ligne de ce chef-d'oeuvre qui en est un à elle toute seule : "il ne me reste qu'à m'asseoir au bord de ma fosse; après quoi je descendrai hardiment, le crucifix à la main, dans l'éternité."


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