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La Chambre d'amie Details

Helen GARNER La chambre d'amie Nicola, belle, distinguée, la soixantaine, atteinte d'un cancer en phase terminale, débarque de Sidney à Melbourne chez son amie Helen, qui va l'héberger durant les trois semaines que doit durer le traitement miracle censée la guérir. Très vite, Helen, une femme éminemment raisonnable et pratique va voir sa patience s'effilocher puis fondre complètement devant l'attitude d'une Nicola résolue à faire confiance, malgré des souffrances abominables, aux pires inventions des charlatans. A la fois cruelle dans son intransigeance, et ravagée par le remords, Helen ne sait plus à quel saint se vouer tandis que Nicola, impavide, continue de vouloir croire au miracle sans accepter un instant le fait qu'elle va mourir. Jusqu'à quel point l'amitié, la tendresse peuvent résister aux contingences physiques d'autrui surtout quand elles sont le résultat d'un refus entêté de faire face à la réalité ? A-t-on le droit de forcer les malades à accepter la vérité ? C'est la question que ce livre à l'écriture franche, directe, dépouillée (et très efficace) pose avec violence certes mais aussi un humour décapant - l'humour, le meilleur traitement des larmes. Écrivaine australienne célèbre, auteure de plusieurs romans (bien que La chambre d'amie soit son premier depuis quinze ans), de pièces de théâtre, de nouvelles et de nombreuses ouvres de non-fiction, Helen Garner raconte ici une histoire vécue. " Helen Garner a l'art de raconter une histoire et les dialogue sont parfaits. Ce livre n'a rien d'un mélodrame larmoyant, c'est une analyse fascinante d'une situation très réelle et très délicate. " NZ Women's Weekly " Garner est un de ces merveilleux écrivains dont on entend la voix et à travers les yeux desquels on voit. C'est un livre d'une telle sensibilité, d'une telle tristesse, et à la fois si drôle et pétillant qu'il mérite assurément une place d'honneur dans de nombreuses bibliothèques. " Daily Telegraph " Un véritable petit bijou sur un sujet difficile. Cette comédie d'une élégante férocité se déploie à un rythme incroyable et exige qu'on le dévore d'un trait. " New Statesman " . Un petit chef d'ouvre plein de maestria : comme son titre, La chambre d'amie, il est sobre, concis et accueillant. Il n'est jamais mièvre et toujours amusant. c'est un récit d'une grande justesse intellectuelle et émotionnelle. " Sunday Herald

Reviews

Nicola est une séduisante sexagénaire originaire de Sydney. Elle débarque à Melbourne chez son amie Helen qui est disposée à l'accueillir pendant trois semaines. Un banal séjour touristique me direz-vous? Il n'en est rien car Nicola est en phase terminale d'un cancer. Elle vient donc en "pèlerinage" afin de faire une cure de la dernière chance dans une clinique qui lui promet guérison. C'est donc une malade très motivée qui se rend quotidiennement à ses séances curatives afin d'évacuer les toxines et de "faire la peau à ce satané cancer". Mais on sent qu'Helen est bien plus réaliste sur la situation : que la clinique parait louche, que les praticiens semblent être des charlatans qui profitent du désespoir de malades condamnés pour engranger un bon pactole et donner de grands espoirs de renouveau.L'histoire prend un ton très grave au fil du récit lorsque Nicola devient de plus en plus obstinée et qu'elle garde des ?illères malgré les pratiques de plus en plus douteuses dont elle fait l'objet : injections de vitamine C, bains de café...Helen plus lucide se fatigue, presque autant que la malade, à remuer ciel et terre pour mettre à jour les faiseurs de rêve, pour gérer les tracas quotidiens (linge à changer, trajets à effectuer : une occupation de garde-malade à plein temps). Et on a le c?ur gros lorsqu'on voit ce que les deux dames endurent : on se rend compte que chacune à sa manière tente de lutter et de mener à bien son destin. C'est difficile de voir qu'au cours des trois semaines toute l'énergie sera mise à rude épreuve et c'est donc très déroutant de voir le parcours de ces deux amies quelque part voué à l'échec. Pourtant Nicola est touchante de courage, fière et altière, toujours arborant un sourire pour cacher douleur et souffrance. Quant à Helen, pudique et pleine d'attentions, elle tente de rendre les jours plus faciles, elle tente de garder la barre haute, de masquer tout le désarroi derrière un entrain inflexible.J'en ai eu la boule à l'estomac de lire ce livre et ai réfréné quelques boules de chagrin qui affluaient à la gorge. Bien que n'ayant jamais côtoyé le cancer de très près, j'ai été touchée par ces deux destins de femmes qui se jouent en trois semaines. Car le compte à rebours a commencé, car on sent que le cancer tous les jours prend du terrain. Et plus on se familiarise à l'environnement hospitalier aux pratiques louches plus on se dit que la forte Nicola fonce dans le mur et qu'il faut au plus vite la détourner de ces rapaces qui la dépouillent (sous et énergie en prennent un coup).Au gré des semaines, on passe par différents sentiments : le découragement, la révolte, la tristesse, l'empathie... car on se rend compte que la maladie n'épargne personne. Si Nicola est la proie d'un système bien établi, Helen est elle aussi prise dans la tourmente, obnubilée à l'idée de sauver son amie.Terrible témoignage qui ne peut laisser insensible, d'autant qu'on apprend que le livre est titré d'une histoire vraie. Je le referme ébranlée et me dis qu'il était nécessaire dans la production éditoriale pour montrer les ravages de la maladie non seulement sur le corps mais faussant également toute relation humaine.Impressionnant !